L'habitat participatif: un projet de groupe pour vivre autrement

Habitat participatif : un nouveau mode de vie à portée de tous

Pour devenir propriétaire, vous aviez principalement deux solutions : soit acheter un logement neuf ou à rénover, soit acquérir un terrain pour construire la maison de vos rêves. Désormais, une nouvelle voie s’ouvre à vous : celle de l’habitat participatif

Plutôt que de vous lancer seul dans votre projet, vous le concevez et l’occupez avec d’autres personnes. Cette manière de construire collectivement un logement est déjà en vogue en Suisse, en Norvège et en Allemagne. En France, même si des expériences de ce type ont vu le jour dès le début du 20e siècle, l’habitat participatif émerge progressivement sur le territoire, à la faveur d’un engagement commun pour le « mieux vivre ensemble » et le développement durable. 

Découvrez en quoi consiste l’habitat participatif, les avantages de ce type de projets ainsi que les clés pour, vous aussi, profiter de ce nouveau moyen d’accession à la propriété.

Le principe de l’habitat participatif

L’habitat participatif repose sur un groupe de citoyens, des personnes fédérées autour d’un projet commun : celui de concevoir et de réaliser des logements à l’image de leurs valeurs et répondant à leurs besoins spécifiques. Ensemble, ils trouvent un terrain à acheter, imaginent leurs futures habitations, définissent des espaces à partager, estiment leurs capacités de financement, etc. En la matière, tout est possible. Le projet peut concerner la construction d’un immeuble avec plusieurs appartements ou de maisons pouvant être différentes les unes des autres. Il peut aussi porter sur l’acquisition et la rénovation d’un immeuble. Des espaces sont mis en commun, tels qu’un jardin et un potager, une laverie, une terrasse sur le toit, des chambres d’amis, une salle de jeux pour les enfants, etc. Certains services et équipements peuvent aussi être partagés, comme une voiture, du matériel de jardinage, etc.

Cette nouvelle manière d’acquérir, de construire, d’occuper et de gérer l’habitat de façon participative et démocratique répond à des enjeux de société cruciaux. Ces logements sont conçus pour répondre aux besoins et aux attentes des familles d’aujourd’hui, tant en termes de praticité que de design ou d’écologie. Qui plus est, il s’agit d’un véritable projet de vie, à partager avec ses voisins, dont la solidarité est essentielle pour garantir un cadre de vie aussi agréable au novateur.

En France, plusieurs projets d’habitat participatif ont d’ores et déjà vu le jour, comme Greenobyl à Strasbourg ou MasCobado à Montpellier. Et avec la loi ALUR de 2014, l’habitat participatif est officiellement reconnu et encadré.

La loi ALUR et l’habitat participatif

Votée le 24 mars 2014, la loi ALUR (loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) propose une définition claire de l’habitat participatif, à savoir « une démarche citoyenne » qui permet à des personnes de concevoir leurs logements ainsi que les espaces destinés à un usage commun. L’objectif de la loi est de favoriser la construction de logements dignes, écoresponsables et abordables en termes de prix. Elle reconnait le principe de l’habitat participatif tout en créant deux nouvelles formes juridiques pour l’encadrer :

- La coopérative d’habitants : dans ce système, chaque personne représente une voix, indépendamment de son apport au capital. Celui-ci est adossé à un emprunt collectif, généralement de l’ordre de 80 % du coût du projet. Chaque coopérateur verse tous les mois une redevance pour rembourser le prêt et prend en charge financièrement une partie des obligations imputables aux propriétaires, comme le paiement de la taxe foncière, le provisionnement pour d’éventuelles grosses réparations, etc.

- La société d’attribution et d’autopromotion : les logements sont attribués en fonction des parts possédées dans la société. Les familles souscrivent le plus souvent un prêt individuel pour financer la totalité de leur habitation. Après construction, la société peut perdurer et assumer la gestion de l’immeuble.

De plus en plus de collectivités soutiennent ces projets portés par des particuliers volontaires. Ces derniers peuvent également s’appuyer sur un bailleur social.

Les avantages de l’habitat participatif

Ce nouveau mode de production de l’habitat offre plusieurs avantages :

- Les logements sont véritablement adaptés aux besoins de leurs occupants, puisque ce sont eux qui les conçoivent.

- Un mode de vie respectueux de la nature et de l’humain : en mutualisant les ressources et en favorisant l’écoconstruction, ces logements sont voués à s’inscrire dans une démarche écologique de développement durable. Qui plus est, l’habitat participatif repose sur le « bien vivre ensemble ». Il encourage la solidarité et le partage. Et comme vous connaissez vos voisins dès les prémices du projet, la cohabitation dans votre quartier est facilitée. Vous partagez les mêmes valeurs et aspirez à un même mode de vie.

- La possibilité de profiter de commodités inatteignables autrement : acheter une maison avec un jardin, qui plus est dans un secteur tendu, est impossible pour de nombreux ménages. L’habitat participatif permet de jouir à moindres frais d’espaces extérieurs, d’un garage, d’un potager, d’une piscine…

- Des économies sur le coût de la construction : on considère que l’habitat participatif représente une économie de 5 à 15 % du prix d’un bien acheté dans le neuf. Cet écart est dû notamment à l’absence de promoteur et de communication pour trouver des acquéreurs. L’auto-construction est aussi un moyen plébiscité de réduire les coûts.

A savoir enfin que vous avez la possibilité de rejoindre un projet à tout moment. Et que les habitants peuvent vendre ou louer leur logement. 

Un exemple d’habitat participatif à Paris

Dans l’Hexagone, c’est surtout en Ile-de-France que des projets d’habitats participatifs voient le jour. C’est d’ailleurs à Paris que, dans les années 80, la première habitation de ce type voit le jour sous l’impulsion de deux couples alors trentenaires. Avec 12 familles, ils investissent les 1 000 m² d’un ancien lavoir, une friche industrielle transformée en résidence, la Lavoir du Buisson, et ponctuée d’espaces partagés (salle commune, laverie, jardins…). La mairie de Paris encourage régulièrement de nouveaux projets de ce genre, lesquels prévoient de plus en plus de logements en accession sociale. D’ailleurs, un projet d’habitat social collaboratif est en train de voir le jour dans le 14e arrondissement de Paris, sur l’ancien site de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. 

Le succès est tel que plusieurs autres villes de France soutiennent les particuliers qui cherchent à alléger les coûts d’acquisition immobilière en mutualisant leurs ressources. Des annonces sont disponibles sur notre site spécialisé. Contactez-nous pour en savoir plus.

 

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